vendredi 24 octobre 2008

"On ne savait pas..."

J'ai enfin trouvé le temps de regarder ce remarquable documentaire sur le Journal d'Anne Frank diffusé sur France 2 il y a quelques semaines. Et ce qui reste, ce qui marque, ce qui heurte et blesse infiniment, c'est ce court constat du commentaire : en 1942, Anne écrit dans son journal que la BBC révèle qu'à l'Est, les Allemands gazent des Juifs. Même une jeune fille terrée dans son Achterhuis, son arrière-maison, coupée du monde extérieur depuis des mois, était au courant. Des années plus tard, plusieurs millions de morts après, d'autres bien moins isolés ont juré sans sourciller qu'ils ne savaient pas...

samedi 18 octobre 2008

Chat soulagé

Ce matin, j'ai trouvé mon chat coincé dans sa litière à tenter laborieusement de vider sa vessie, ses grands yeux ronds exprimant un vibrant "bon alors, ça vient?" Sachant la chose grave, j'ai empoigné la bête et suis accourue à la clinique vétérinaire. Et c'est là, sous la pression des doigts osculteurs, que mon chat s'est enfin libéré et a déversé tout ce qu'il retenait depuis si longtemps sur les chaussures, le pantalon et la blouse blanche du vétérinaire... Ramené à la maison, l'animal d'habitude si indépendant m'a littéralement tourné autour tout le reste de la journée, véritablement soulagé. Merci docteur!

vendredi 17 octobre 2008

Journée ordinaire

- douche bien chaude au réveil
- thé au bureau
- encaissements en espèces et en chèques
- lecture du courrier du jour
- rédaction du menu de la semaine suivante
- achat de produits d’entretien
- demande de devis pour la location d’un nouveau photocopieur
- négociation pour le remplacement d’un agent de service absent
- contrôle du passage de 450 élèves au restaurant scolaire
- gestion et recharge de la vitrine réfrigérée des entrées au dit restaurant
- recharge des couverts, verres, plateaux, pain au dit restaurant
- explication en mauvais russe du fonctionnement dudit restaurant au nouvel élève tchétchène qui ne parle pas français
- pause de quinze minutes pour manger
- gestion des repas du jour dans le logiciel afférent
- appel d’une entreprise pour réparer une chaudière
- préparation avec les pompiers d’un exercice de confinement de 450 élèves
- réparation des lunettes du petit Maxyme
- recherche de la vanne de coupure de la ventilation du bâtiment externat
- convocation de quatre élèves confondant les carottes râpées avec des projectiles ludiques
- établissement de trois cartes de cantine
- comptage de la caisse
- douche bien chaude
- travail de la partition violon du Requiem de Mozart
- déchiffrage du 1er mouvement du concerto pour violon en la mineur de Jean-Sébastien Bach
- établissement de fiches de paie et des attestations employeur mensuelles afférentes pour trois intermittents du spectacle
- ascension d’un mur d’escalade
- … c’est tout ? Je dois en oublier…

mercredi 8 octobre 2008

Newman's Own

Premiers battements de coeur d'une adolescente énamourée. Premières obsessions pour une image vivante et passage en boucle de Cat on a Hot Tin Roof, The Towering Inferno et Cool Hand Luke. Vendredi 26 septembre, Paul Newman s'est éteint et j'ai eu 15 ans à nouveau.

mardi 7 octobre 2008

Temps ralenti

Ciel blanc lumineux parsemé de bleu.
Peupliers jaunissants bercés par le vent.
Paupières lourdes du manque de sommeil.
Suite andalouse de Marcel Khalifé caressant mes oreilles.
Salle de permanence bondée d’élèves modérément agités.
Silence reposant du téléphone.
Calme irréel des bureaux.
C’est jour de grève.

mercredi 3 septembre 2008

Coming soon

Hier j’ai appris le décès de Don Lafontaine. Qui ?! Don Lafontaine, dont la voix est immanquablement gravée dans la mémoire de tous les cinéphiles anglophones. Cette voix grave qui, avec le plus grand sérieux, récitait les textes des bandes-annonces des films. Des textes devenus caricaturaux à force de manque d’originalité.
In a far away land -- a story -- that no one would have dared to imagine -- is about to happen...
Farewell, Don, trailers will never be the same.

jeudi 28 août 2008

Incongru

Août 2008, randonnées en solitaire dans les Alpes. Mon keffieh, décidément bien efficace contre le soleil et le vent d’altitude, suscite des lueurs d’étonnement amusé dans les yeux des autres marcheurs. Jusqu’au télécabine emprunté pour accéder à la pointe du Caron. Lorsque je pénètre dans la cabine, quelle n’est pas ma surprise d’y découvrir une famille complète de Juifs orthodoxes, chapeaux noirs, papillotes et ficelles sur le pantalon. L’échange de regard est moins amusé, la tension se fait palpable. L’employé du télécabine doit se pincer pour vérifier qu’il ne rêve pas. Etonnant comme un accoutrement fonctionnel peut changer une atmosphère…

jeudi 7 août 2008

Description

Un jour je suis par hasard tombée sur un film, deux jeunes hommes s’étaient perdus dans le désert et tentaient de retrouver leur chemin. Je n’ai pas pu me décrocher de mon écran, happée par leur errance. C’était, ai-je découvert plus tard, un film appelé Gerry.
Lorsque j’ai lu le premier chapitre de A Discovery of Strangers, le même phénomène s’est produit : la course des caribous m’a littéralement subjuguée.
Dans les deux cas, j’ai entendu les commentaires négatifs d’autres personnes : « C’est nul, il ne se passe RIEN ! » Certes. Mais un récit doit-il nécessairement se focaliser sur de l’action pour prendre toute sa valeur ? Quid de la description ? Si la plume de Rudy Wiebe et la caméra de Gus Van Sant m’ont hypnotisée, c’est par leur habileté à créer une atmosphère, un environnement, c’est par leur capacité à transmettre les émotions du caribou attrapé par un loup dans la neige canadienne et de Gerry s'éteignant sous le soleil de la Vallée de la mort.

mardi 5 août 2008

Le Monstre des Gorges du M'Goun


Dans la région du Haut Atlas marocain se trouve une vallée reculée abritant quelques villages berbères le long de la rivière du M’Goun.
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J’ai franchi le col d’Ait Imi (2905m) pour y accéder, et j’ai arpenté avec délice les sentiers longeant les cultures.
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Puis je me suis aventurée dans les mystérieuses gorges du M’Goun.
Au pied d’impressionnantes falaises rougeoyantes, la paisible rivière s’est alors transformée en torrent. L’eau tourbillonnante ébranlait mes jambes, les parois de pierre se refermaient sur moi. Mais inconsciente du danger, je continuais ma progression.


C’est alors que le Monstre des Gorges est sorti de sa tanière…

Une histoire de Joha

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Un jour Joha prend le bateau. Au milieu du trajet, le bateau commence à prendre l’eau. Le capitaine ordonne alors de distribuer des seaux et d’écoper. Tout le monde s’exécute.

Mais au lieu de remplir son seau dans le bateau et le vider dans la mer, Joha fait le contraire. Le capitaine s’en aperçoit.

- Mais qu’est-ce qu’il fait, cet idiot ?! Ah, c’est toi, Joha. Qu’est-ce qui te prend de remplir le bateau au lieu de le vider ?!

Joha lui répond :

- Mon père m’a toujours dit de me mettre du côté du plus fort !