Depuis samedi soir, depuis que plusieurs estrades grosses comme de solides portes ont décidé de s'affaisser tranquillement mais sûrement sur ma petite personne, je me retrouve stupidement à devoir demander de l'aide pour des opérations basiques. M'habiller, me laver, plier une feuille, allumer mon ordinateur, ouvrir et baisser mes volets, couper ma viande, ouvrir un yaourt, conduire... enfin, tout ce qui nécessite deux bras. Car non seulement je ne peux plus me servir de mon bras gauche, mais je suis également limitée dans l'utilisation de mon épaule droite, sous peine de rompre le parallélisme de mes clavicules. Courage, dans huit semaines il n'y paraîtra plus...
mardi 16 mars 2010
dimanche 14 mars 2010
Camarade
Jean Ferrat est mort. Ma mère m'a prévenue à l'instant où je venais de me casser la clavicule. Coïncidence ? La cartésienne que je suis en doute...
Jean Ferrat a habité toute mon adolescence, depuis ce 2 novembre 1985 où je l'ai vu chanter Nuit et Brouillard à la télévision. Pour moi qui venais de découvrir (et de refuser) l'horreur concentrationnaire du haut de mes dix ans, ce fut comme un électrochoc : quelqu'un d'autre la refusait aussi. Et je me suis mise à écouter Jean Ferrat, en boucle, disque après disque. A 18 ans, je connaissais toutes ses chansons par coeur.
Jean Ferrat a fait mon éducation, ma révolte, ma conscience, mon amour... ma vie ? Autant qu'à mes parents, je lui dois ce que je suis aujourd'hui. Alors oui, les larmes coulent. Et puisque je ne peux plus jouer du violon au concert prévu cet après-midi, je ferai ce qui le faisait vivre et qu'il m'a appris : chanter.
mardi 9 mars 2010
Arsenal
Ce week-end j'ai arpenté les couloirs, les escaliers, et la scène de l'Arsenal à Metz. C'était... pro. Des employés en uniforme, des loges avec canapés, une régie à faire pâlir nos moyens d'amateurs, et une salle impressionnante tant par ses dimensions que par son acoustique.
Nous sommes repartis après 7 heures de régie, 3 heures de raccord et près de 2 heures de concert. Nous avons cordialement dit au revoir au sympatique portier de l'entrée des artistes, avec la sensation d'avoir vécu une sorte de chose irréelle, "pincez-moi, je rêve". Et le regret de ne pas y revenir avant longtemps, voire jamais...
mercredi 3 mars 2010
Gag
Reprise du travail depuis lundi, et je viens seulement d'arriver à accéder au bas de la pile des "choses à faire". Ce qui signifie, non pas que tout est fait (!!!), mais que j'ai désormais une idée d'ensemble de tout ce qu'il y a encore à faire. Et j'en ai le vertige...
C'est pour ça que lorsque je suis tombée sur un document syndical alors que je m'escrimais à écrémer la pile, j'ai été prise d'un fou rire. Ledit document relatait une proposition faite en groupe de travail académique : "pour faire face à l'augmentation des charges de travail avec un personnel administratif plus réduit, il s'agirait d'élargir le champ des compétences du gestionnaire en ajoutant à ses fonctions des tâches de secrétariat commandées par le chef d'établissement"... Le document ajoute que cette idée est "intolérable". Moi, je la trouve simplement délirante.
dimanche 28 février 2010
Dogora
Ce week-end j'ai eu la chance de passer douze heures en répétition. Si si, la chance. Car outre le Stabat Mater de Francis Poulenc, nous avons travaillé une pièce contemporaine appelée Dogora. Ecrite par le compositeur Etienne Perruchon, Dogora est une oeuvre pour choeur d'enfants, choeur d'adultes et orchestre symphonique. En 2006 j'avais déjà vibré au milieu du pupitre de sopranos lors de sa première représentation à la salle Poirel de Nancy (une première mondiale, s'il vous plaît). Dimanche prochain je m'essaierai à la partition de violon à l'Arsenal de Metz. Et c'est un régal tout aussi intense, même sans les mots d'une langue inventée dans la bouche.
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J'ai fait écouter cette musique à diverses personnes, certaines rompues aux oeuvres classiques, d'autres étrangères à ce monde. Et toutes, unanimement, ont éprouvé une grande émotion à son écoute. Alors si vous ne connaissez pas encore Dogora...
samedi 27 février 2010
Danse à la lune
En 2006, j'ai fait cadeau à mon amie Delphine d'une sculpture inuit représentant un ours en train de danser. Sa position offerte à la lune nous a fait frissonner des heures durant. Désormais, il y a aussi un ours qui danse dans ma chambre.
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Sakiassie Ragee, Dancing Bear, ant. 2003
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Je suis par contre incapable d'expliquer la symbolique de cet autre ours, qui arpente un inukshuk, ou plutôt un inunnguaq ("en forme d'être humain"), comme il arpenterait la banquise...
-Pavinak Petaulassie, Bear on Inukshuk, 2001
vendredi 26 février 2010
Immigrants
Dans mes bagages canadiens, je n'ai pas rapporté que des bottes fourrées et des souvenirs. Silice et Shihab m'accompagnaient. Sur le point de devenir orphelins, ces deux adorables chats ont enduré huit heures d'avion et deux heures de train pour trouver un nouveau foyer.
- Silice, siamoise
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Shihab, himalayen
jeudi 25 février 2010
Excursion canadienne
Une semaine dans la neige québécoise, sous le soleil ou sous de légers flocons, par une température anormalement élevée tournant autour de 0°C, transportée d'un refuge à l'autre par des chiens de traîneau plus solides que moi, pour m'imprégner de l'hiver de la forêt laurentienne.
Chutes maladroites dans la neige confortable, vent frais sur le visage tandis que le traîneau glisse entre les sapins, quelques pas en raquettes pour finir la journée, écorce de bouleau pour allumer le feu, tartines de pain grillé sur le poêle à bois, eau puisée sous un lac gelé brisé à coups de hache... en somme, une semaine de détente !
-mercredi 10 février 2010
Lecture de vacances
Samedi je m'envole pour le Canada pour apprendre à faire ça :
Difficile de faire les bagages. Mes vêtements français seront-ils assez chauds ? Mon appareil photo supportera-t-il le froid ? Bonnet en laine ou bonnet en polaire ?
Difficile de faire les bagages. Mes vêtements français seront-ils assez chauds ? Mon appareil photo supportera-t-il le froid ? Bonnet en laine ou bonnet en polaire ?Mais surtout, qu'emporter à lire pour les soirs au coin du poêle ? Rudy Wiebe et ses autochtones ou Jack London et ses trappeurs ? Dumas est trop volumineux pour le sac à dos, je renonce non sans regret aux deux tomes du Comte de Monte Cristo. Et comment choisir entre "Auschwitz en héritage ?" et "Ce qui reste d'Auschwitz"...
Une chose pour laquelle je n'hésite pas, c'est le petit carnet nordique dans lequel je relate toutes mes aventures arctiques, physiques comme intellectuelles (illustration ci-dessus extraite de la section "escapade au Groënland"). Lecture, d'accord, mais écriture d'abord !
dimanche 7 février 2010
Rhume
Monticule de mouchoirs
Caisse de résonnance dans ma tête
Sommeil démesurément long
Fatigue à chaque mouvement
... et tant de choses à faire !
Caisse de résonnance dans ma tête
Sommeil démesurément long
Fatigue à chaque mouvement
... et tant de choses à faire !
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