mardi 10 novembre 2009

Attente en musique

Dimanche matin, j'ai prévu de partir avec ma mère pour la journée. Nous avons fixé l'heure de départ à 9h30, je me suis donc activée dès 8h30 pour être prête à l'heure. Et puis j'ai donc attendu que ma mère arrive.
9h40, personne. Bon, elle est un peu en retard, je vais m'occuper en attendant. Je m'installe devant le piano, et j'entame un petit échauffement vocal. "Miniminimum. Miniminimum. Miniminimum...". 9h50, toujours personne. "Milano torino napoli milano torino napoli milano torino napoli milaaaa...". 10h00, toujours rien. J'attaque un délicieux petit madrigal anglais de la fin du XVIe siècle. Le doute s'immisce en moi alors que je commence le second couplet : et si c'était elle qui m'attendait...?
Et comme c'était effectivement le cas, j'aurais pu dérouler toute la St Matthieu (trois heures au bas mot) qu'elle ne serait pas arrivée plus vite ! Départ efffectif : 10h15...

vendredi 6 novembre 2009

Bureau

J'aime mon bureau. J'aime sa luminosité, sa chaleur visuelle, son aménagement.
J'aime tourner la tête et apercevoir par la fenêtre une rangée de peupliers réagir au vent.
J'aime lever les yeux et voir le passage des élèves et des enseignants dans le couloir.
J'aime être aveuglée par le soleil l'après-midi et baisser le volet, créant une pénombre confortable.
J'aime mon bureau. Et je suis consciente que c'est une chance.

mardi 3 novembre 2009

Loi des séries

Malgré mon scepticisme au regard de ce qui a pourtant été scientifiquement démontré et que l'on appelle la loi des séries, j'ai bien dû me rendre à l'évidence la semaine dernière : hasard ou pas, au fur et à mesure des pannes qui affectaient l'univers réduit de mon petit camping car, je finissais par me demander quelle serait la prochaine...
Le chauffage a été le premier à lâcher, dans le brouillard glacial et transperçant de Basse-Saxe, me condamnant aux couvertures et à la toilette de chat, grelottante près de la bouilloire.
Puis je n'ai plus eu le loisir non plus de me réchauffer grâce à la bouilloire, la plaque de cuisson refusant également de fonctionner normalement et me privant donc définitivement de tout aliment chaud sous peine d'enflammer tout l'habitacle.
Heureusement pour moi, j'étais alors sur le chemin du retour, je me croyais donc sauvée. Mais tandis que je suivais aveuglément les consignes de mon GPS pour traverser l'Allemagne, celui-ci s'est soudain arrêté à 76 km de Dortmund. Ah. Dortmund, où est-ce ? J'ai empoigné mon atlas routier, et allumant mon plafonnier pour y voir clair tout en tentant de me maintenir à 130 km/h, j'ai découvert avec horreur qu'au lieu du tranquille et familier chemin de Francfort, ledit GPS avait décidé de me faire passer par Cologne. Or le réseau autoroutier autour de Cologne ressemble à un labyrinthe cauchemardesque... Et ce qui devait arriver arriva, je me suis perdue entre Bonn et Coblance : devais-je prendre la A565 pour atteindre la A61, alors que mon atlas indiquait que la A59 aurait dû m'y mener directement, A59 que j'avais miraculeusement dénichée entre la A1 et la A3... mais alors pourquoi me retrouvais-je soudainement sur la B9 ?! Et ne me demandez pas comment la si convoitée A61 s'est présentée sur mon chemin quelques 30 kilomètres plus loin...

lundi 2 novembre 2009

KZ - devoir de mémoire

J'ai passé une semaine à sillonner les routes d'Europe, bien plus rapidement que ne l'ont fait les wagons plombés qui transportaient les victimes des camps de concentration que je suis allée voir.
A Dachau, j'ai trouvé un camp complètement fondu dans la ville, les baraquements des SS désormais habités par des familles allemandes et les groupes scolaires un tantinet trop désinvoltes à mon goût. A Mauthausen, des visiteurs étaient particulièrement bruyants devant le four crématoire. A Auschwitz Birkenau, des enfants jouaient sur la rampe qui a amené plus de 400 000 Juifs hongrois à la mort. A Theresienstadt, le ghetto a été rendu à l'habitation des populations locales. Je me suis raisonnée, "il faut bien continuer à vivre, le soleil est toujours là, lui".
Mais où commence alors l'indécence ? Une mère installant ses deux garçons sur un châlit de détenu pour une photo souvenir à Dachau ? Un groupe d'adolescentes hilares devant la Porte de la mort d'Auschwitz Birkenau ? Un touriste me demandant en mauvais anglais si je souhaite qu'il me prenne en photo sur le seuil de la chambre à gaz de Mauthausen ?
Lorsque l'on vient arpenter les lieux de l'assassinat de millions de personnes, si l'on ne respecte pas ces lieux, si l'on n'y pénètre pas avec le souvenir des victimes, si l'on ne tente pas d'y appréhender l'ampleur de l'horreur, alors je crois que non seulement il ne sert à rien d'être venu, mais d'une certaine manière c'est comme si les victimes mourraient une seconde fois.
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Auschwitz Birkenau - été 1944 - victimes gazées
Sonderkommando incinérant des corps derrière le crématorium V
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Bergen Belsen - avril 1945 - victimes mortes de maladie et d'épuisement
Soldat britannique remplissant une fosse commune

vendredi 16 octobre 2009

Sursaut

Je me demande combien de temps le cerveau met pour se réactiver lorsqu'il est tiré d'un sommeil profond. J'ai testé l'autre jour, ou plutôt l'autre nuit, mais il n'est pas très efficace d'être à la fois sujet et observateur. Je me souviens de m'être réveillée en sursaut et d'avoir appuyé sur le radio-réveil pour le faire taire, avant que mon cerveau se connecte et réalise que ce n'était pas le réveil qui faisait ce boucan mais le téléphone.
Il m'a semblé que cela durait longtemps, mais je pense n'être pas objective car j'ai été prise d'angoisse à l'idée de ne pas arrêter le bruit assez vite pour éviter qu'il réveille quelqu'un d'autre. Le fait que tous ceux qui auraient pu être réveillés par ledit bruit l'étaient déjà ne m'a alors pas effleuré l'esprit.
Ceci dit, même une fois connecté, mon cerveau encore embrumé a été mis à rude épreuve : l'auteur de l'appel alarmant n'était pas identifiable par mon téléphone. Que faire ? Au milieu de la nuit, un tel dilemne demandait trop de réflexion. Alors mon cerveau a décidé de ne pas accepter l'appel, concluant que personne n'avait de raison valable de m'appeler à une heure pareille. Mais la sonnerie a recommencé, et a à nouveau insisté après un second rejet. Mon frère, peut-être ? Etats-Unis, décalage horaire, mon cerveau venait enfin de valider une hypothèse plausible pour expliquer un appel non identifiable à 3h30 du matin. Alors j'ai fini par décrocher. "Allô?" "C'est l'hôtel de police..." Ah. Non, parmi tout ce qui m'avait traversé l'esprit pendant ces quelques secondes, je n'avait pas pensé à l'appel pour raison professionnelle. Bon, je m'habille...

vendredi 9 octobre 2009

Futures vacances

Habituellement je ne pense aux petites vacances que très tardivement, quand je relève la tête de mon bureau et m'étonne des "bonnes vacances !" qui fusent à droite à gauche. "Ah ? C'est déjà les vacances ? Et moi qui avais complété mon agenda pour toute la semaine prochaine..." Et c'est alors seulement que je me préoccupe de l'endroit où je vais partir vadrouiller.
Cette année, est-ce dû à une fatigue prématurée, j'ai déjà prévu mes futures vacances. Un vieux projet de vingt ans, j'ai planifié un circuit qui me fera passer par les camps de concentration de Dachau, Mauthausen, Auschwitz-Birkenau, Theresienstadt, Buchenwald, Dora et Bergen-Belsen. Je sais que le voyage sera émotionnellement difficile, mais parfois il faut affronter ce qui vous hante.

dimanche 27 septembre 2009

Satisfait ou...

Emplettes dans un "grand magasin de meubles préfabriqués à monter soi-même", un samedi en fin de matinée. Beaucoup de monde, nous arrivons à la caisse l'estomac dans les talons. Une charmante hôtesse nous invite à essayer les "caisses rapides", où l'on scanne soi-même ses achats. Nous nous exécutons, et l'opération est somme toute effectivement assez rapide.
Poussant notre chariot, nous nous dirigeons donc lestement vers la sortie quand une autre hôtesse nous aborde, un document dans les mains, nous proposant de participer à une enquête de satisfaction sur le magasin. La faim nous talonnant toujours, nous rejetons poliment mais rapidement sa proposition et nous hâtons vers la porte.
Un jeune employé nous interpelle alors, lui aussi portant un document à la main. "C'est pour un contrôle chariot", nous annonce-t-il. Imperturbable, toute ma concentration étant dirigée vers l'objectif de charger nos achats dans la voiture pour enfin pouvoir aller manger, je lui réponds poliment et toujours sans m'arrêter : "il roule très bien !" Mais le jeune homme insiste. Je lui réitère ma réponse, "il roule vraiment bien !", avant de comprendre que ce n'est pas une autre enquête mais un contrôle pour vérifier que nous avons bien payé tout ce que ledit chariot contient... oups.

samedi 19 septembre 2009

Stocks alimentaires

Une des missions après laquelle je cours toute l'année, c'est la tenue des stocks alimentaires du collège. Généralement quand l'Agent comptable me réclame leur montant, je ne suis jamais à jour... je dois alors résorber le retard en quelques jours. Et de m'atteler à la tâche fastidieuse d'entrer dans l'ordinateur les quantités et prix de toutes les denrées achetées pour nourrir 450 têtes blondes quatre midis par semaine sur plusieurs mois. Tâche tellement fastidieuse que j'en rêve alors la nuit : nombre de boîtes de conserves de haricots verts, kilogrammes d'ananas, litres de vin de cuisson, division du prix d'un carton de Vache qui rit par le nombre d'unités contenues dans ledit carton... le plus incroyable est que j'arrive encore à manger sans avoir la nausée.
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Et miraculeusement, depuis la rentrée, je suis à jour. Ayant profité des vacances d'été pour résorber mon retard, cela fait maintenant quinze jours que j'arrive à consacrer dix minutes quotidiennes à rentrer les livraisons et sortir les consommations du jour. Certes, j'ai recommencé à faire des heures supp' à tire larigot, mais quelle tranquillité d'esprit ! On ne peut pas tout avoir...

dimanche 13 septembre 2009

Rentrée

Tous les ans depuis un âge que ma mémoire a effacé, je "rentre". Cette année, je suis rentrée en marge. J'ai eu l'impression de me décentrer, de devenir spectatrice d'événements et d'en subir le cours au lieu de contrôler mon temps pour les tâches habituelles d'une rentrée scolaire. Le résultat est inévitable : j'ai déjà pris du retard dans mon travail. Mais paradoxalement mon stress, lui, est resté en vacances. Ou plutôt, il doit être en sommeil, submergé par la conscience que la vie est bien trop courte pour ne pas essayer de rendre chaque instant le plus souriant possible. Alors oui, je croule déja sous un tas de paperasse et de problèmes matériels, oui j'ai mal au dos depuis que j'ai stupidement glissé dans ma douche la semaine dernière, mais je ne me dépareille pas (encore ?) d'une certaine sérénité. Je croise les doigts pour que ça dure...

samedi 5 septembre 2009

Dur

Aujourd'hui j'aurais dû aller jouer du violon à une fête de mariage. Mais la vie est imprévisible, je me suis retrouvée au cimetière autour du cercueil d'un bébé. Et tout ce que j'ai pu dire, ou plutôt sangloter aux parents de l'enfant, c'est un lamentable "je suis tellement désolée". Parce qu'il n'y a rien à dire, n'est-ce pas ?
Unique consolation : l'insolent soleil s'était caché derrière un épais tapis de nuages.